Covid-Long avec fatigue importante, anosmie et céphalée

Il s’agit d’une femme de 20 ans, qui a contracté le Covid-19 le 28 octobre 2020. Il y avait alors congestion et écoulement nasal (clair) et retro-nasal, fatigue importante, suivi 2-3 jours après, d’anosmie et agueusie, de céphalée sévère et d’alternance de fièvre et de frisson.

 

1ère consultation, le 17 novembre 2020 :

Il persiste encore une fatigue importante, une céphalée temporo-pariétale bilatérale, un écoulement retro-nasal, une hyposmie d’environ 80% (la perception des odeurs est à 20%).

De plus, on note qu’il y a frilosité importante avec pieds très froids, et sensation de fièvre par moment. La fatigue est importante, avec un sommeil bon mais toujours envie de dormir (sommeil d’environ 11h par nuit). Il y a soif importante de boisson chaude. Il n’y a pas d’appétit. La transpiration est normale. Les selles et urines sont normales. Le pouls est profond (chen) et faible (ruo). La pointe de la langue est un peu rouge, l’enduit lingual est blanc fin.

 

On prescrit sur la base de Ma Huang Fu Zi Gan Cao Tang :

Ma Huang 10g, Fu Zi 15g, Zhi Gan Cao 10g, Bai Zhi 12g, Da Zao 10g. (4 sachets - 1 sachet par jour, en trois prises)

 

 

2ème consultation, le 4 décembre 2020 :

Après la prise de phytothérapie, il n’y a plus de céphalée, l’odorat est revenu presque totalement (à 80-90%), il n’y a plus d’écoulement rétro-nasal mais un peu d’écoulement nasal. Il y a un peu moins fatigue, et le besoin de sommeil a diminué un peu. L’appétit est revenu, mais reste petit. Il y a encore légère sensation de fièvre, suivi de frilosité (sans transpiration). La soif est encore importante, de boisson chaude. Les selles et urines sont normales. Le pouls est profond (chen) et faible (ruo), sauf à la barrière droite où il est serré (jin). La langue est pâle, la pointe est un peu rouge, l’enduit lingual est blanc.

 

On prescrit sur la base de Tong Mai Si Ni Tang :

Gan Jiang 15g, Fu Zi 30g, Zhi Gan Cao 10g, Bai Zhi 10g, Sha Ren 6g. (5 sachets - 1 sachet par jour, en trois prises)

 

 

À l’issue de la prise de phytothérapie, il n’y a plus de fatigue, le sommeil s’est normalisé, l’odorat est totalement revenu et l’appétit est normal.

 

 

Commentaire :

 

Il s’agit ici d’une situation d’atteinte par le facteur pathogène sur une personne de constitution de vide de Yang. Le facteur pathogène est bloqué à la surface (taiyang), mais l’interne est vide et faible (déficience de Yang de shaoyin), c’est pourquoi il y a fièvre, mais le pouls profond et faible, avec frilosité importante et envie de dormir beaucoup.

La maladie étant installée depuis plusieurs jours, on prescrit Ma Huang Fu Zi Gan Cao Tang et non Ma Huang Xi Xin Fu Zi Tang, selon les articles 301 et 302 du Shang Han Lun, qui disent :

 

Article 301 : « Lors de la maladie de shaoyin qui commence juste, si cependant, il y a fièvre et pouls profond (chen), on traite avec Ma Huang Xi Xin Fu Zi Tang. »

Article 302 : « Lors de la maladie de shaoyin contractée depuis deux ou trois jours, [on donne] Ma Huang Fu Zi Gan Cao Tang afin de produire une légère sudorification. Comme au deuxième ou troisième jour il n'y a pas de syndrome [interne]1, ainsi on effectue une légère sudorification. »

 

Après la prise de phytothérapie, le facteur pathogène a été chassé de la surface (taiyang), mais il persiste la déficience de Yang à l’interne à shaoyin, avec un léger échappement du Yang, ce qui produit encore une légère sensation de fièvre par moment. La déficience de Yang à l’interne n’étant pas très sévère, il n’y a pas (encore) de diarrhée, et l’échappement étant assez faible, il n’y a pas de transpiration. On s’appuie sur l’article 370 du Shang Han Lun pour prescrire Tong Mai Si Ni Tang :

 

Article 370 : « S'il y a diarrhées lientériques, froid à l'interne et chaleur à l'externe, transpiration et renversement (jue), on traite avec Tong Mai Si Ni Tang. »

 

A l’issue de la prise de plantes, le yang est revenu à sa racine, ainsi, les symptômes ont disparus.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[1] Dans la version Song il est inscrit : « il n'y a pas de syndrome (wuzheng 无证) ». Dans la version de Cheng Wu-ji, dans le Jinkui Yuhan Jing et dans le Jiaozheng Songban Shanghan Lun, il est inscrit : « il n'y a pas de syndrome interne (wu lizheng 无里证) ». Cela indique qu'il n'y a pas de diarrhées, de vomissements ou d'autres signes indiquant une déficience importante à l'interne.